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Vendredi 30 novembre 2007

Soleine observe ses ongles exceptionnellement rouges, les mains sagement posées sur ses cuisses. Elle sent le regard de François sur ses jambes et tire machinalement sur sa robe dont les fentes révèlent le haut de ses bas.
D'habitude, son ami la saoule d'une cour bavarde et érudite, spirituelle et un peu pompeuse. Ce soir, il est silencieux, tendu.

Il était passé la chercher chez elle pour rejoindre des amis à une soirée.

Elle était habituellement élégante, fine, douce et mystérieuse. Il aimait ses silences qu'il pouvait effacer à coup d'anecdotes pittoresques ou de réflexions brillantes. Elle savait les saisir à propos et les souligner d'un joli rire ou d'une répartie discrète... mais sans jamais sortir de son rôle de charmante groupie.
Eclairée, intelligente, mais pas assez pour lui faire de l'ombre.
Depuis quelques temps, pourtant, elle était taciturne. Elle n'avait plus le même regard admiratif. Ses sourires étaient forcés, ses rires rares.
Et il se dégageait d'elle quelque chose de troublant, une féminité nouvelle, moins fragile, plus résolue.
Du coup, François, qui depuis quelques semaines faisait durer le plaisir en maîtrisant soigneusement son flirt, se trouvait tout à fait déstabilisé.
Lui qui quelques jours plus tôt avait sereinement décidé de déclarer sa (tiède) flamme à l'(heureuse et chanceuse) élue, était à présent en proie au doute: lui plaisait-il vraiment? N'était-elle pas finalement trop ceci pour lui? Et lui pas assez cela pour elle?
Il se découvrait anxieux et impatient, brûlant d'une (brûlante) flamme qu'il n'avait pas connue jusqu'alors. Et redoutant de ne pas la susciter chez l'(insondable et lointaine) élue.

Ce soir, il la trouvait presque douloureusement belle et désirable. Elle avait fardé sa bouche et ses yeux, revêtu une robe chinoise de crêpe noire dont les emmanchures échancrées et les fentes hautes sur les cuisses mettaient en valeur ses épaules et ses longues jambes.

Il en avait la bouche sèche et la gorge nouée, se sentait totalement idiot et sans aucune inspiration pour animer la conversation.

Elle ne faisait de son côté aucun effort pour dissiper son trouble. Il avait l'impression qu'elle mettait dans chacun de ses gestes un soupçon d'érotisme et de provocation qu'il n'était pourtant pas sûr d'identifier correctement (sinon, il l'aurait violée sur place).

La soirée avait été un calvaire. Elle avait d'habitude une attitude qui éloignait les importuns... mais ce soir, elle les attirait comme des mouches et riait trop fort à leurs vantardises balourdes.
François détestait leurs regards remplis de convoitise et ne la lâcha pas d'une semelle. Mais elle se montrait relativement indifférente à son égard.

Pourtant, la soirée avançant et les coupes de champagnes défilant entre ses mains de moins en moins assurées, elle devint un peu plus chaleureuse... Elle se mit à glousser à son oreille en dénigrant systématiquement ses prétendants, l'attrapant nonchalamment par le bras ou la taille, glissant sa bouche tout près de son cou.

A 23 heures à peine, elle lui chuchota qu'elle voulait qu'il la raccompagne vite...

Et c'est ainsi qu'ils se retrouvent seuls à nouveau dans la petite Austin noire.

François hésite. Sa main reste posée inutilement sur le pommeau de vitesses. Soleine la saisit et la pose d'autorité sur sa cuisse.

Il déglutit en sentant la douceur de la soie gainant la cuisse chaude. Il hésite encore, le bout des doigts à quelques millimètres de la dentelle.

Elle lui souffle d'une voix un peu cassée mais bien distincte: "Caresse-moi."
Il est surpris et décontenancé et commence de douces caresses légères qui osent à peine s'aventurer à la lisière de la robe.

Elle répète: "Caresse-moi" en avançant explicitement le bassin vers lui et en guidant sa main vers l'intérieur de ses cuisses.

C'est ... est ça qu'elle veut... Il ne sait plus où il en est mais tout ce qu'il souhaite, c'est qu'elle soit satisfaite. Alors il glisse ses doigts du haut des bas vers la chaleur humide de son sexe dont il sent les renflements à travers la dentelle légère d'un sous-vêtement.
Il devine le clitoris qu'il frotte avec application.

Elle soupire d'aise, la tête renversée en arrière, lèvres entrouvertes et yeux clos.

Il tente de rester concentré sur sa conduite mais c'est de plus en plus difficile. Il roule lentement, pile au dernier moment lorsqu'un feu passe au rouge puis s'y éternise au vert jusqu'à ce qu'un coup de klaxon le ramène à la réalité.

Elle avance encore son ventre chaud et humide et écarte son slip pour qu'il puisse accéder à son intimité. Il y glisse un doigt intimidé mais téméraire qui rencontre la douceur des chairs élastiques et trempées.

Il pense au spectacle indécent qu'elle pourrait offrir aux yeux des piétons ou des motards sous certaines lumières. Cela l'épouvante et l'excite à la fois. Soleine, elle, s'en moque visiblement.

Il ne sait pas s'il est soulagé ou déçu d'être arrivé à destination.
Elle lui sourit, la main posée sur sa queue qu'elle caresse fermement au travers de son pantalon.
En se garant, il barbouille de la liqueur de Soleine le pommeau du levier de vitesses.

Puis il se penche vers elle pour l'embrasser mais elle se contente de rire, un rire clair et coquin qui lui vrille les entrailles.

"Viens... j'ai une folle envie de baiser!"

par fanny etriendautre
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