| Octobre 2008 | ||||||||||
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Elle crève d'envie d'y retourner, de le revoir. A chaque fois qu'elle pense à lui, son corps massif, ses grandes mains autoritaires, ses lèvres douces, sa queue raide, elle sent la même fièvre envahir son bas-ventre.
La même envie furieuse d'être prise, encore et encore.
Elle se caresse en y pensant, ses doigts s'insinuent partout, autour de son clitoris gonflé, dans sa chatte douce et humide, jusque dans son petit trou. Elle se sent délicieusement sale, alors, un peu vicieuse, un peu chienne, pantelante de désir.
Elle jouit en tremblant, en se mordant les lèvres, orgasmes courts et brutaux.
Puis elle redescend sur terre et se reproche ses égarements. Jusqu'à ce que le manque revienne, comme une faim qui la tenaille.
Alors elle décide d'y retourner. Tant pis. Tant mieux.
Elle enfile de beaux dessous, soutien-gorge champagne brodé d'arabesques et shorty de tulle transparent brodé également. Elle se maquille légèrement, sa bouche est un fruit mordu, ses yeux sont de velours. Elle ajuste des bas auto-fixants clairs, une jolie robe douce en lainage qui suit fluidement les courbes de son corps.
Son reflet dans la glace la satisfait. Une paire de bottes et elle part conquérir le monde en général et un homme aux yeux sombres et au nez cassé en particulier.
"These boots are made for walking, and that's just what they'll do
one of these days these boots are gonna walk all over you....."
C'est elle. Enfin. Cette garce aura quand même mis près de 3 semaines pour se décider à revenir. Vince est en colère. Il a trainé devant chez elle à plusieurs reprises. Elle appartient à un monde tellement différent qui le fascine et l'écoeure à la fois.
Tous les regards qu'il a croisés étaient indifférents quand ils n'étaient pas ouvertement méprisants. On l'a pris pour un portier ou un voiturier à plusieurs reprises. Un soir, il l'a aperçue, silencieuse au bras d'un insupportable baratineur à lunettes. Un gars immonde du genre à porter un nom à particule.
Il a tourné les talons et disparu dans un sombre renfoncement.
Et la voilà. Toujours aussi belle et fine. Mais glacée dans sa robe de femme trop "comme il faut". Son esprit vagabonde... Que porte-t-elle dessous? Qu'avait-elle l'intention de lui offrir? Son corps nu hormis des bas? Il se plait à imaginer ses mains remonter lentement de l'intèrieur des genoux aux cuisses gainées de soie, rencontrer avec délice la dentelle du haut des bas et glisser sur sa peau nue, humide de désir. Contourner sans le toucher le mont de Vénus soyeux, glisser sur les hanches douces, entre la peau et la laine, envelopper la taille fine, sentir sa poitrine se soulever à un rythme ample et rapide, cueillir les seins frissonnants.
Mais il ne le fera pas. Elle revient ici avec la même attitude que la première fois. Comme si rien en elle n'avait changé. Comme s'il n'avait imprimé aucune trace indelélébile sur son corps et comme s'il n'avait rien inscrit de définitif dans le livre de ses désirs.
Elle erre dans les rayons avec le même détachement feint que lorsqu'elle se contentait de voler. A se demander si elle ne serait pas venue uniquement pour ça.
Admettons...
Tiens, elle empreinte l'escalator qui mène à l'étage du linge de maison. Peut-être... Peut-être réussira-t-elle le faire changer d'avis?
Elle s'avance vers le grand lit de métal forgé. Hésite. S'assoit et cherche des yeux la caméra de surveillance. Elle semble le regarder dans les yeux durant quelques secondes, assise face à lui, bien droite, les mains posées sagement de chaque côté de ses hanches. Elle ne sourit pas. Il zoome sur son visage pour essayer de voir son regard. Mais déjà elle se lève et repart d'un pas un peu moins assuré.
Soudain, elle se ravise et semble sur le point de faire demi-tour... Vincent pense un bref instant qu'elle va lui montrer qu'elle veut être sienne.
Mais non. Elle fourre avec une maladresse exaspérante quelques photophores dans son sac.
Il fulmine: elle pense donc qu'il va aller la chercher pour ce misérable larcin que chacun aurait pu voir?
Maintenant, il sait qu'elle ne fera rien de plus. Elle va traîner dans le magasin pour être sûre d'être vue, imaginant par sa seule présence apâter Vincent.
Il va se poster à la porte où il l'a arrêtée 3 semaines auparavant.
Il l'attend, raide et glacé.
Quelques minutes interminables passent.
Ils se voient presque au même moment. Sa démarche change dès que ses yeux croisent ceux du vigile. Elle ralentit perceptiblement. Il soutient son regard sans paraître la reconnaitre.
Il voit, avec un plaisir qui ne transparait pas sur ses traits durs, les joues de la jeune femme s'empourprer et ses yeux se troubler puis briller anormalement.
Elle se dirige vers lui, hésitante, intimidée... Mais soudain, il lui ouvre la porte et s'efface avec un détachement affecté pour la laisser sortir.
Elle se retrouve, brûlante et glacée, sur le trottoir bruyant et perdue dans la foule.
Plus humiliée que s'il l'avait fessée. Et tellement creuse et insatisfaite.
Elle ne sait pas que la frustration et la colère qui montent à présent en elle dévorent également les tripes de Vince.
Elle ne comprend pas ce qui s'est passé. Mais elle a décidé de contre-attaquer. Reste à choisir ses armes.