| Juillet 2009 | ||||||||||
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Elle a l'impression d'avoir littéralement survolé les marches menant à son observatoire. Son bras lui fait mal.
« Pouvez-vous me lacher, s'il vous plait. Vous me serrez vraiment fort.... » Sa voix est douce. Elle a pris le parti de tenter de l'amadouer.
« Si vous vous tenez tranquille. Mais de toutes façons, vous n'avez pas l'air douée pour la course. La prestidigitation, c'est plus votre rayon, non? ».
Il lui désigne un groupe de moniteurs vidéos. Sur chaque écran, un arrêt sur image. Elle la main posée sur le flacon de N°5. Elle avec le cachemire sur son cintre. Elle avec le jean. Elle au rayon maquillage, glissant un fard dans sa poche. Elle sortant de la cabine tout à l'heure, les ensembles contre elle et un léger sourire aux lèvres...
«C'est ma préférée, celle-ci. Vous avez l'air vraiment satisfaite de vous. »
Elle reste interdite... Elle croyait pouvoir jouer impunément et il a tout vu. Mais lui, à quel jeu joue-t-il? Pourquoi l'a-t-il laissée filer les autres jours?
Il s'appuie dos contre la tablette de commande des écrans, croise les bras et la regarde d'un air goguenard: « Il va falloir me rendre la marchandise, chère madame. »
« Quoi... que...? »
« La veste ne vient pas de chez nous. Mais le cache-coeur, le jean et ce qui... mmmh... vos charmants dessous, il va falloir me les rendre et fissa! »
« Vous n'avez pas le droit! »
« Oh que si! Et comme je suis bien gentil, je vais vous donner des invendus à mettre à la place, pour vous éviter de vous les geler quand vous serez au trou... J'appelle le commissariat tout de suite pour leur demander de venir m'aider à récupérer mon bien? Vous êtes pressée de faire connaissance avec les racailles de votre espèce? »
Elle bredouille, tout à fait décontenancée: « Bon d'accord pour la lingerie mais le reste, je l'ai payé... »
Il la coupe d'un nouvel éclat de rire moqueur.
« Vous voulez voir les bandes en entier? Je vous ai suivie d'un bout à l'autre. Et je vous assure qu'aucun passage en caisse n'est visible. Votre petit manège était très distrayant.... »
Elle cherche une réplique cinglante ou au moins une pirouette pour reprendre un peu de superbe... mais rien ne vient.
Il a attrappé derrière lui un sac du magasin qu'il lui tend en souriant: « Cadeau! » Puis se ravisant: « Ah et ça c'est à vous! Je l'aurais bien gardée mais vous risquez d'en avoir besoin... » Sa culotte...
Elle ouvre le sac. Dedans, une minuscule jupe en stretch noire, de piètre qualité et un t-shirt taille 14 ans en mauvais coton blanc.
Il se moque vraiment d'elle. Elle n'en peut plus et lui lance le sac au visage: « Vous vous foutez de moi! Je ne vais pas mettre ça! Allez vous faire foutre! Pauvre con! Ca vous plait, hein, d'abuser de votre pouvoir? C'est viril, ça, hein? Ca vous fait bander! Trop con pour rentrer dans la police ou dans l'armée... Vous vous défoulez sur des pauvres petites voleuses à l'étalage, comme si je faisais du grand banditisme! Espèce de raté! Minable!... »
Elle a laissé la furie la submerger et lui crache ces mots à 10 cm du visage, hargneuse et cramoisie.
Il la regarde sans ciller. Le sourire a fondu sur ses lèvres mais il reste parfaitement calme.
La gifle part, froide, cinglante, et atteint par surprise la joue de la jeune femme, la coupant net dans ses éructations. Elle n'est pas très forte mais résonne dans la petite pièce. Elle porte sa main à son visage, incrédule, bouche ouverte en un « o » muet et scandalisé. C'est la première fois que l'on la frappe.
« Je n'aime pas les hystériques. Vulgaire en plus. » lâche-t-il, glacé. « Dépèche-toi de te déshabiller avant que je devienne vraiment violent. »
Elle se force à inspirer et expirer pour retrouver une contenance. Elle ne peut pas se mettre à pleurer devant lui. C'est hors de question. Elle se redresse et pose sa veste sur le dossier d'une chaise.
Il la saisit et attrappe son portefeuille.
« Soleine Béranger. Ca te fait 28 ans... Tiens tiens, tu habites le VIième... Tu es bien la petite bourge que j'imaginais... Une vraie première communiante sur la photo. Tu étais mieux avec les cheveux longs... »
Le tutoiement, son identité déclinée de façon narquoise. Elle se sent nue, déjà.
« Qu'attends-tu pour enlever tout ça? »
« De...devant vous?... » « Tu vois un paravent quelque part? Devant moi, oui. Cela fait partie des charmants extras que je m'offre pour compenser ma carrière ratée dans la police. »