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Dimanche 4 novembre 2007

Elle est décontenancée un bref instant mais se ressaisit vite. Elle se redresse de toute sa taille et relève le menton. Elle trouve le moyen de le dévisager hautainement, ses yeux plantés dans les siens, qu'elle trouve un peu rapprochés, signe évident d'une certaine simplicité d'esprit selon ses préjugés de pseudo-intellectuelle.
Le reste du visage évoque un peu la gueule cassée d'un boxeur: une cicatrice marque le sourcil gauche, le nez a été cassé.
Elle ne s'attarde pas sur la bouche, sensuelle et bien dessinée.

- "Je ne vois absolument pour quelle raison je vous suivrais, Monsieur. Je suis pressée, mon mari m'attend. Je vous prie de me laisser passer."

Il est habitué à lire ce mépris dans les regards. Cela ne lui fait ni chaud ni froid. Il éclate de rire dévoilant des dents blanches mais jetées n'importe comment dans sa bouche... Détail rhédibitoire selon les critères de l'esthète face à lui.
Son rire est bref, moqueur et cède immédiatement la place à un demi-sourire accompagné d'un regard trés dur.

Elle commence à se sentir mal à l'aise et ne peut plus nier le gant froid qui serre sa poitrine. Elle a la trouille, vraiment, désespéremment.

Il saisit son bras d'une poigne d'acier:
"Nous allons voir si je peux vous donner une idée des raisons pour lesquelles je n'ai pas l'intention de vous laisser... rejoindre votre mari... Tiens vous avez perdu votre alliance, d'ailleurs?"

Elle ne relève pas la remarque et baisse les yeux malgré elle. Elle ne parvient plus à réfléchir, paniquée à l'idée d'être rattrappée par les conséquences de ses folies.

"Excusez-moi une seconde..." Maintenant toujours son bras, il saisit son talkie-walkie: "Paul, tu peux baisser les rideaux et t'en aller... J'ai une cliente pour nos amis de la police mais je peux gérer seul. Bonne soirée."

"Allons-y, madame." Il l'énerve avec sa politesse et ses "madame"... Et elle ne sait plus que faire pour se sortir de son mauvais pas... Faire le dos rond, pour commencer?

Il l'entraîne dans les allées qu'elle vient d'empreinter, remontant rapidement vers le lieu de son forfait. En chemin, il salue tranquillement des vendeuses qui s'apprêtent à partir. "Salut Vince. Tu veux que j'appelle les flics pour toi?" "Non non ça ira, je m'en charge..." "Ok, bonne nuit, à demain!..."

Elle a honte, terriblement. Gamine prise en faute, la main dans le bocal de bonbons, et traînée maintenant comme par son père vers les preuves de sa bêtise.

Les cabines. Sur le portant, les 3 ensembles sont toujours là. "Mmmmh, ils étaient trés jolis ceux-là aussi... Ils ne vous allaient pas? J'aime particulièrement ce bleu foncé, là, trés classe. Tout à fait votre genre. Je me demande pourquoi vous avez choisi le noir, assez vulgaire, non?"
Elle est piquée au vif mais il ne lui laisse pas le temps de répondre et l'entraîne vers la cabine.
Elle pense immédiatement à l'anti-vol ouvert et à sa culotte. Elle a du mal à marcher, ses jambes ne la soutiennent plus. Mais il la tire sans ménagement et jubile de ce qu'il découvre derrière le rideau mi-ouvert.
"Vous faites comment pour les anti-vols? Vous avez un aimant, quelque chose?.... Oh! mais je comprends pourquoi vous aviez besoin de sous-vêtements: ça se met, ce genre de truc, à votre âge?!"
Elle est de plus en plus mortifiée. Son visage brûle de honte et la colère commence à monter. Il lui lâche le bras pour s'emparer de la fameuse culotte et elle en profite pour essayer de s'enfuir.
Mais c'est comme dans un cauchemar: ses jambes répondent mal à sa commande et elle sent vite son bras happé de nouveau par la main solide.

Il ne s'est pas départi de son sourire moqueur et porte la culotte à son nez et sa bouche... "Mmmh mais elle ne sent plus tout à fait le propre, cette culotte... Ca vous excite de voler, pas vrai?" Et il la gratifie d'un clin d'oeil faussement complice qui finit de lui donner envie de disparaitre de la surface de la terre.

Elle tente de se resaisir: "Monsieur, je ne vous permets..." "Tetete... pour ce que vous me permettez ou pas, attendez un peu que nous regardions ensemble tout ce que vous vous êtes permis dans mon honnête magasin."

C'est plus facile que ce qu'il pensait. Il semble qu'il la domine aussi psychologiquement, intellectuellement, même. Alors qu'il se disait qu'il n'aurait sur elle qu'un ascendant physique. Facile... facile... Trop peut-être?

Elle tente vainement de reprendre ses esprits, retrouver le contrôle d'elle-même. Elle sent confusément qu'il est moins con que ce à quoi elle s'attendait. Sa politesse et sa maîtrise, son mépris ironique, la désarçonnent complètement.

Il l'amène dans son royaume, sa salle de surveillance, vitre donnant sur l'intérieur du magasin et mur d'écrans vidéos. Là, il attendra que tout le personnel ait déserté le magasin pour s'occuper de sa cliente.

par fanny etriendautre
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