| Juillet 2009 | ||||||||||
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Elle est là, dans cette cabine et elle hésite un bref instant.
Elle a envie de tout essayer. Se voir femme fatale. Et garder sur sa peau le plus bel ensemble, celui qui la transfigure et fait d'elle une autre.
Mais pour cela, il faut se déshabiller. Vulnérable dénudée dans une cabine glacée.
C'est sans plaisir qu'elle commence l'effeuillage.
La belle veste volée dans une soirée d'abord, son forfait irrésistible et honteux. La caresse sensuelle du cachemire qu'elle porte à même la peau et dont elle apprécie à chaque instant la douceur sur sa poitrine sensible, ensuite...
Elle s'observe, se jauge. Ses épaules lui donnent une allure fière et décidée, ses seins menus pointent hardiment vers l'avant, leurs pointes érigées appelant le baiser ou la morsure. Son ventre est doux et plat. Sa peau est trop pâle et elle se trouve trop mince, trop fragile, quand elle se voudrait plus solide et froide qu'un roc.
Elle défait sa ceinture et fait glisser le jean sur ses hanches. La culotte de coton tombe en même temps. Elle est humide de cette sombre excitation qui la prend lorsqu'elle s'adonne à son vice.
Elle songe en souriant qu'elle l'abandonnera avec plaisir dans un coin de cette cabine... et qu'elle aimerait qu'un pervert fétichiste s'en empare comme d'un trophée.
Les ballerines ont valsé et elle est nue. Elle se sent à la fois banale et étrange dans ce lieu qui n'a rien d'intime... Sa toison brune entretenue mais fournie tranche sur la blancheur de sa peau. Elle se scrute. Elle ne se trouve pas belle, ni laide non plus.
Pas excitante. Peut-être en se cambrant un peu plus? Elle se tourne, observe le creux de ses reins, la rondeur accentuée de ses fesses. C'est mieux.... Elle laisse ses mains courir sur sa peau claire, sur ses courbes douces quoiqu'un peu sèches... Elle a moins froid tout à coup.
« Ne pas perdre trop de temps tout de même...Ca va bientôt fermer... »
Elle hésite entre la guépière bleu nuit et l'ensemble corset noir...
Le corset, elle en meurt d'envie...
C'est compliqué à enfiler ce bidule... Mais une fois mis, l'effet est saisissant.
Sa taille est bien prise, affinée, délicate, ses petits seins pigeonnent délicieusement au dessus, offrant leurs tétons érigés avec une belle insolence. Et tout cela semble un écrin pour la douce toison noire et les fesses rondes dont la nudité paraît sublimée... Elle n'en revient pas!
Elle enfile le string qui lui va à merveille, les dentelles disparaissent sensuellement entre ses jambes et les globes de ses fesses.
Elle se trouve belle. Elle a enviede se caresser...
Mais le temps presse... L'antivol git sur la tablette de la cabine. Elle met son cache-coeur sur le corset et elle a l'impression qu'il est bien plus beau et que sa caresse sur ses seins est plus enivrante. Elle enfile son jean et admire son cul qu'aucune démarcation ne vient couper. Rhabillée, elle abandonne les autres ensembles sur le portant déserté de vendeuses et s'avance d'un pas décidé mais tranquille vers l'une des sorties.
« Nous informons notre aimable clientèle que le magasin va fermer ses portes. Nous vous prions de gagner les caisses et les sorties. »
Elle n'aime pas beaucoup se trouver parmi les dernières clientes. Plus difficile de se fondre dans la masse. Pourtant, rien ne semble plus difficile que les autres jours.
Elle passe les portiques qui ne manifestent rien. Et remarque un homme en costume près de la porte manuelle. Elle s'attend à ce qu'il lui ouvre et le toise avec indifférence.
Mais il n'ouvre pas. Il se poste face à elle, imposant et glacial, s'approche pour la dominer plus encore et souffle, d'une voix basse mais distincte: « Madame, je crois que vous allez devoir me suivre... »