| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Vendredi soir, 18H30.
Elle flâne tranquillement (en apparence) entre les rayonnages feutrés de sous-vêtements de luxe des Galeries Farfougnettes. Elle est grande, fine, élégante dans un simple jean, des ballerines et
une veste en cuir doux coupée comme celle d'un tailleur. Ses cheveux courts accrochent les lumières artificielles du magasin qui glissent des reflets ambrés dans ses mèches brunes et ses
prunelles sombres. Certains peuvent la trouver belle. Pour d'autres, elle a juste un air décalé. Un "je-ne-sais-quoi" qui cloche... Ses mains sans bijoux, ongles courts, caressent les étoffes, se
régalent des soies, des satins et des dentelles. Elle regarde distraitement les étiquettes, ne semble pas ébahie par les prix exhorbitants. Son choix se porte d'abord sur un ensemble de tulle
rouge et dentelle noire... guépière, string... Ensuite, elle opte pour un délicat rose foncé, tulle aérien rebrodé... une guépière bleu nuit, d'une simplicité alliée à un érotisme parfait... un
dernier corset noir compensant un début de vulgarité par des détails luxueux...
Là-haut, dans sa cabine de contrôle vidéo, le responsable de la sécurité, un trentenaire vigoureux vétu d'un costume noir digne d'un membre de la garde présidentielle rapprochée, n'en perd pas
une miette.
Humectant ses lèvres avec sa langue, un début d'érection déformant son pantalon, il zoome une nouvelle fois sur la pseudo-cliente. Se caressant doucement à travers le tissus de son costume, il se
repait de cette bouche qu'il voudrait remplir, de ce petit cul moulé par le jean qu'il adorerait voir offert sous un de ces charmants strings dont elle s'est emparée. Il admire la longue
silhouette qu'il aimerait plier devant lui. Elle a cette aisance et cette grâce des gens bien nés... Une sale petite bourge... avec des goûts sûrs en sous-vêtements. On pourrait penser en
observant ses choix à une escort girl ou la maîtresse d'un vieux riche... Mais lui le sait: c'est la délicieuse petite kleptomane qu'il observe depuis le début de la semaine.
La demoiselle vient toujours en fin de journée, lorsque les vendeuses fatiguées passent plus de temps à regarder leurs montres qu'à pister les clients. Clients encore suffisamment nombreux et
exigeants, d'ailleurs, pour retenir l'attention des plus courageuses. Elle glisse dans les allées, détachée, discrète et subtilise ses proies sans être inquiétée. Elle a un truc pour se défaire
des anti-vols et agit avec la rapidité d'un prestidigitateur. Lundi, un gros flacon de Chanel n°5 s'est téléporté dans son sac. La vendeuse qui l'avait négligemment laissé trainer sur le
comptoir après l'avoir présenté à une cliente en a fait les frais... Mardi, un délicat cache-coeur en cachemire ne l'a pas quittée au sortir des cabines d'essayage. Mercredi, la jeune femme a
refait son stock de maquillage sans que personne ne trouve à y redire. Jeudi, c'était un jean. Celui qui dessine ses jolies fesses à l'instant même d'ailleurs...
Vincent (Vince pour les intimes) est le seul à avoir repéré son manège. En bas, les autres n'y voient que du feu. Il se demande depuis combien de temps elle joue. Il sait qu'elle continuera
jusqu'à la limite: une belle frayeur. Et il a décidé, au vu de ses "achats" du jour, que la limite serait posée ce soir. Le coeur battant, espérant de toutes ses forces que l'endroit restera
aussi désert de vendeuses qu'il l'était jusqu'à présent, il observe la jeune femme qui se dirige vers les cabines d'essayage. Il aimerait vraiment qu'elles soient équipées de caméras. Ca n'est
hélas pas le cas... mais il sait qu'il ne perd rien pour attendre.
Elle referme le lourd rideau sur elle, jetant un imperceptible coup d'oeil sur les environs. Elle ne va pas perdre de temps. Essaiera-t-elle vraiment tous les ensembles ou les a-t-elle emportés
uniquement pour mieux dissimuler son choix réel? Les yeux rivés sur l'écran immobile, Vince tente de garder toute sa vigilance. Mais dans sa tête, son écran à fantasmes diffuse par
flashs des images de la belle offrant sa peau aux lumières trop crues de la cabine. Il la rêve frissonnante, petits seins pointant dans l'éclat froid du grand miroir. Il la rêve penchée, offrant
ses fesses doucement ouvertes en faisant glisser son string sur ses jambes.
Il la rêve se contorsionnant pour se glisser dans ses dentelles et offrir à sa nudité des transparences plus troublantes encore....
Ernesto Timor, photo trouvée chez @mateur d'art
Je vais te lire....